La Prise de Parole en Public : L’authenticité est-elle morte au Pays des Bisounours ?

La quantité de bla-bla inutile, aseptisée et consensuelle à laquelle nous sommes soumis quotidiennement est inhumaine.

C’est pour cette raison que j’ai créé la conférence L’authenticité n’existe plus !

Malgré de grands progrès faits en terme de communication et de relations interpersonnelles, je suis convaincu que nous sommes de moins en moins francs et sincères envers les autres et envers nous-mêmes.

Et que par conséquent, nous sommes de plus en plus fragiles. Pressurisés que nous sommes par le marketing sociétal, le jeu des postures, le politiquement correct, la virtualisation des relations, nous nous sommes fragilisés émotionnellement et sensoriellement.

Nous sommes pris dans un étau entre l’image positive que l’on veut donner de soi, et le fait de ne pas blesser l’autre.

Résultat : Nous ne savons plus encaisser la vie.

Nous favorisons le concept, plutôt que le sujet du concept.

On ne boit plus de café, mais un délice caféiné.

On ne conduit plus une voiture, nous vivons une expérience.

Nous ne traversons plus des émotions, nous développons une intelligence émotionnelle.

Nous parlons d’émotions, de communication authentique mais savons-nous encore encaisser la joie, la frustration, la surprise, la jalousie ou la peur ?

Le politiquement correct verrouille la prise de parole : chaque mot est analysé et décortiqué pour faire un procès à l’orateur qui aura semé le doute sur ses intentions.

Principe de précaution oblige : plus de place pour la nuance. Nous sommes dans l’ère du raccourci immédiat et du procès d’intention polarisé. Si vous n’êtes pas 100% d’un bord, c’est que vous êtes 100% de l’autre bord.

De plus en plus fragiles, il nous faut donc passer sous les radars.

Pas de vague. Ne pas blesser. Ne pas dire. Attention.

De moins en moins de courage, d’affirmation de soi.

Une population de plus en plus fragile et sensible face au mots utilisés.

On ne veut plus de choses désagréables. Cela fait trop mal.

On veut une franchise douce et une sincérité tendre et dégoulinante.

Tout le monde se crispe lorsque l’on ose dire « Je ne suis pas d’accord ». Les cerveaux fusent « Mais que va-t’il répondre ? Va-t’il y avoir une dispute ? »

Sommes-nous entrés au pays des Bisounours ?

Bien pire.

Car même au pays de Bisounours, il fallait affronter les méchants tels que Cold Heart, Evil Spirit, le Sorcier, Dim et Dumb, le Professeur Coeur de Pierre, Frostbite, Antie Freeze etc.

Les Bisounours avaient du courage. Ils disaient ce qu’ils pensaient et faisaient ce qu’il y avait à faire pour mener des combats justes.

Je pense que la prise de parole en public a un rôle fondamental à jouer dans notre société.

C’est un art qui permettra à ceux qui le pratiqueront de retrouver à la fois, la justesse des mots, le courage de la pensée, et la force de s’affirmer.

Ce ne sera pas toujours facile, mais toujours gratifiant. En tant qu’orateurs, nous allons devoir utiliser notre coeur et notre corps pour traverser ces moments de doutes, de peurs où l’on sera tenté de ne pas dire « de peur que »… pour finalement exprimer la vérité que nous hébergeons.

Plus que jamais, la prise de parole en public devra dépasser ses propres codes consensuels et bien policés pour aider la société à dire les choses et à savoir les entendre.

La conférence

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