Je me lâche : Je fais le Discours de Confiance et d’Optimisme que j’aimerais entendre !

Quand vous souhaitez devenir auteur, musicien ou entrepreneur, et que vous vous sentez bloqué, le meilleur point de départ est d’écrire le livre que vous aimeriez lire, de composer la musique que vous aimeriez entendre ou de créer l’entreprise chez qui vous aimeriez vous servir.

Actuellement, comme beaucoup d’entre nous, je me sens bloqué.

Actuellement, je ne peux pas prendre la parole.

Mais je peux écrire.

Je peux écrire ma confiance en l’avenir et mon optimisme, même si ces mots-là ne sont pas prononcés.

Alors voilà le discours que j’aimerais entendre, et vraisemblablement, celui que j’aimerais faire.

Bonne lecture.

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Et nous tiendrons !

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La situation actuelle nous l’impose : nous n’avons pas d’autres choix que de tenir.

Certes nous sommes atteints dans nos libertés, dans notre sécurité, dans nos relations, dans nos vies professionnelles et personnelles.

Oui, nous expérimentons la frustration, la solitude ou la peur. Parfois même les trois en même temps.

Cette situation, nous n’en voyons pas le bout et cela est très inquiétant, démotivant et anxiogène.

Pourtant, nous sommes là et bien là.

Nous tenons.

Même si nous l’oublions parfois, nous savons au fond de nous que cette crise ne durera pas toujours.

Malgré nos désaccords et nos différences, nous restons combatifs et nous apprenons à vivre avec cet ennemi aussi invisible que contagieux.

Nous tenons parce que, même au plus bas, nous savons encore trouver l’espoir dans ce qui nous entoure. Nous savons remplir nos coeurs ne serait-ce qu’avec une infime parcelle de confiance ou d’optimisme autour de nous.

C’est ce qui nous définit en tant qu’humains : nous nous adaptons.

Je le sais, la situation est insoutenable pour certains.

Etudiants en précarité et isolés en cité U. Entrepreneurs sur le point de déposer le bilan ou salariés ayant perdu leur emploi. Familles déchirées par l’éloignement ou personnes âgées isolées en EHPAD.

Mais globalement, j’en suis sûr : nous nous en sortirons.

Nous dépasserons ce qui nous accable.

J’en suis convaincu.

J’en suis convaincu car notre cas n’est pas unique et que d’autres générations ont déjà vécu tout autant et parfois bien pire.

Au final, l’humanité a su surmonter ses épreuves.

Cela ne fût pas facile et il y eût un coût humain à cela.

Mais ils l’ont fait.

Sommes-nous plus fragiles ou moins armés qu’eux ?

Je n’y crois pas une seconde.

Mais il est vrai que nous n’étions pas préparés à ce qui nous arrive.

Nous pensions que les souffrances collectives étaient derrière nous, tels des vestiges du 19ème ou du 20ème siècle.

Nous connaissions le concept de souffrance collective. Mais nous, pauvres occidentaux, ne l’avions jamais expérimentée par nous-mêmes. Pendant que nous en parlions, d’autres la vivaient à quelques fuseaux horaires de nous.

Nous étions confiants et aveugles. Nous étions si intelligents et arrogants.

Nous pensions que nous ne serions atteints que par ce que nous connaissions.

Le sentiment d’impunité était tel que nous créions nos propres démons : « Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle ? » nous demandions-nous encore en 2019.

Qui a encore envie de se poser ce genre de question aujourd’hui ?

Nous nous pensions au contrôle de nos vies parce que nous l’avions décidé.

Nous étions devenus un peu trop sûrs de nous.

Nous en étions presque blasés, toujours à courir derrière le prochain divertissement à la mode.

Et puis, nous avons réalisé la fragilité de notre existence.

Notre confort a été bousculé.

Notre équilibre est alors devenu instable.

Certains de nos proches ont été touchés et encore aujourd’hui certains d’entre nous vivent des deuils douloureux.

Depuis des mois, nous expérimentons des émotions difficiles qui ne partent pas : peur, tristesse, angoisse, désespoir, colère, frustration ou sentiment d’injustice.

Pire que tout : nous avons du nous habituer à l’incertitude.

Une incertitude sans date de péremption.

Nous avons du apprendre à vivre un peu plus au jour le jour et nous satisfaire d’un peu moins mois après mois.

Avant, nous voulions réussir, être heureux absolument et tout avoir.

Aujourd’hui, nous rêvons simplement d’un café en terrasse.

Aujourd’hui, nous voulons juste vivre.

Nous savons ce qui est précieux.

Nous savons ce que nous avons négligé depuis bien trop longtemps.

Nous remettions toujours à demain.

Aujourd’hui, que signifie encore demain pour certains ?

Malgré cela, l’optimisme et la confiance nourrissent mon âme.

Je sais que ce qui nous arrive est à la hauteur de notre humanité.

Mais cela a un prix : celui de laisser tomber la vie d’avant et de retrouver le plaisir d’espérer en le futur.

Retrouvons le désir d’être surpris.

Retrouvons la joie de miser sur nous en tant qu’humains.

Nous nous en sortirons car je crois que nous apprendrons de tout cela.

Nous avons déjà appris.

Bien sûr, le défi qui est face à nous est énorme et le chemin à parcourir sera encore long.

Mais nous tiendrons.

Souvenez-vous : avant, nous parlions du « retour aux vrais valeurs », du « collectif ».

Et bien nous y voilà : nous pouvons faire preuve de collectif.

Tous. Ensemble. Maintenant.

Alors c’est sûr, le collectif n’est pas qu’un fantasme.

Ca prend de notre temps le collectif. Ca fatigue le collectif.

Nous ne sommes pas libres de tout, mais nous pouvons nous sentir libres de faire différemment.

Nous pouvons nous sentir libres d’agir pour les autres.

Nous pouvons nous sentir libres de nous rapprocher les uns des autres.

Nous pouvons nous sentir libres de créer ensemble plutôt que de consommer seul.

Nous pouvons nous sentir libres de nous renforcer ensemble au coeur d’un sentiment collectif.

La crise que nous vivons nous rassemble malgré nous : nous vivons une expérience collective.

Apprendre à vivre pleinement chaque moment, ensemble, peut être une autre expérience collective.

Mais il est vrai que vivre pleinement est difficile.

Vivre ne nous épargne pas.

Vivre nous entraîne dans une spirale de réalité qui nous fait réaliser combien nous sommes fragiles.

Malgré tout ce que nous avons créé en tant qu’espèce, nous restons simplement des êtres vivants faits de carbone et d’eau.

Comme le reste de l’Univers.

Cela signifie que plus que jamais, nous avons notre place dans cet univers.

Nous en faisons partie intégrante.

Nous faisons partie de ce monde et nous avons un rôle à prendre.

Pour cette raison, il nous faut tenir.

Et nous tiendrons.

Notre instinct nous le dictera : nous saurons quoi faire et nous tiendrons !

Nous prierons Allah, YHWH, Bouddha, Jésus-Christ ou un virologue prédicateur, et nous tiendrons !

Nous lirons des livres pour comprendre, et nous tiendrons !

Nous nous abrutirons d’alcool, de streaming ou de cui-cui numériques, et nous tiendrons !

Nous désobéirions et ferons venir plus de six amis à la maison pour partager un moment de vie, et nous tiendrons.

Nous profiterons de la nature, et nous tiendrons !

Nous prendrons soins des nôtres, et nous tiendrons !

Nous ouvrirons nos coeurs et parlerons à des étrangers, et nous tiendrons !

Nous hurlerons notre mécontentement et notre rage, et nous tiendrons !

Nous maudirons notre gouvernement et raillerons son incompétence, et nous tiendrons !

Nous demanderons enfin de l’aide, lavé de notre orgueil et nous tiendrons !

Nous prierons pour que tout s’arrête, et nous tiendrons !

Nous ferons ce qui nous semble juste, et nous tiendrons !

Nous nous battrons, quoi que nous ressentions, et nous tiendrons !

Nous tiendrons, chaque jour un peu plus parce que nous savons que c’est ce que nous avons à faire !

Nous tiendrons car nous sommes destinés à apprendre et à grandir !

C’est ce que nous faisons depuis des milliers d’années.

Nous tiendrons et nous saurons être un peu moins exigeants, un peu plus altruistes, un peu plus reconnaissants et vraisemblablement, un peu plus heureux.

Et même si je me trompe, nous tiendrons !

« Je » ne compte pas. Seul « Nous » compte.

Je sais au plus profond de moi que nous sommes liés les uns aux autres, cette crise en est le symptôme. Pardon, le témoignage.

Nous partageons, dans tous les endroits du monde, le même sentiment commun et ce, que nous le voulions ou non.

Je sais que nous sommes capables de dépasser nos peurs, nos différences et que nous sommes capables d’utiliser ce moment de notre histoire comme une rampe de lancement vers notre avenir.

Je garde mon optimisme et ma confiance en l’avenir car je sais au fond de moi qu’au-delà de nos individualités, quoi qu’il arrive, il y aura une vie collective à vivre sur Terre après tout cela.

Quoi qu’il arrive, nous tiendrons !

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