La Prise de Parole en Public : Embrasser les Questions Pièges en les Transformant en Opportunités !

Un des principes fondateurs du Judo s’appuie sur l’idée que l’on est plus efficace lorsque l’on utilise la force de son partenaire contre lui-même. Plutôt que de « lutter contre », on « glisse avec ».

Un des principes fondateurs du kung-fu est qu’il est important d’aimer et de respecter son partenaire car il nous fait grandir et nous amène à nous dépasser.

Cela a-t’il un lien direct avec la Prise de Parole en Public ?

Absolument.

En tant qu’orateur, face à nous, l’audience doit être considérée comme un partenaire.

Un partenaire qui va donner du crédit à notre propos.

Un partenaire qui a pris du temps pour venir nous écouter.

Pour toutes ces raisons, ce partenaire peut émettre un avis sur ce que nous avons à dire.

Peut-être n’est-il pas d’accord.

Peut-être veut-il apporter un complément à notre exposé.

Peut-être veut-il prouver que nous avons tort ?

Peut-être même veut-il poser une question qui n’en est pas une : au moment des questions du public, il prendra le micro pour faire son propre exposé sur le sujet que vous avez présenté. Par procuration, parce qu’il n’a pas le courage de monter sa propre conférence, ou parce qu’il est un peu jaloux que vous ayez été invité à prendre la parole et pas lui, il fera une contre-conférence pour montrer que « lui aussi, il sait ».

Et tout cela est normal.

Ce n’est pas grave. Tout cela fait partie du jeu.

Si on ne l’accepte pas, il est inutile de vouloir prendre la parole.

Une personne qui prend la parole et qui n’accepte pas la controverse, cela s’appelle un dictateur.

Les questions du public sont l’occasion de se remettre en question, de grandir, d’évoluer et de se perfectionner dans l’art oratoire.

Les questions difficiles ou tordues posées par le public sont celles qui permettent à l’orateur de se révéler pleinement.

Souvent, ces questions sont nommées « Les questions pièges ».

Que faire face à une question piège ?

Déjà, qu’entend-on par une question piège ?

S’il s’agit d’une question à laquelle on ne sait pas répondre, une première piste est de faire reformuler la question :

Je ne suis pas sûr d’avoir bien saisi le sens de votre question, pourriez-vous la reformuler ?

Après une ou deux échanges pour comprendre votre interlocuteur, si vous ne savez pas répondre, dites-le clairement : « Je ne sais pas. »

Tout le monde sait que personne n’a vraiment réponse à tout.

Soyez authentique, généreux et sincère et le public ne pourra pas vous en vouloir.

Si l’on entend par « question piège » une question où vous avez dit quelque chose de faux sur le moment ou par le passé, laissez à la personne qui pose la question l’occasion de le prouver. Si effectivement vous étiez dans l’erreur, reconnaissez-le : « Je me suis trompé. Je n’aurais pas du dire cela. » etc.

Prendre la parole en public demande beaucoup d’humilité.

Certains orateurs ne veulent tellement pas être pris en défaut, qu’ils sur-préparent leur sujet comme ils le feraient d’une barricade ou d’une digue de protection. Cela ne laisse pas vraiment de place à l’audience et aux avis divergents.

S’adresser à un public nécessite aussi de savoir entendre.

Si quelqu’un exprime un profond désaccord avec vous, qu’il est révolté par votre propos ou qu’il estime que certaines de ses valeurs ont été touchées, acceptez-le. Cela ne veut pas dire que vous deviez battre en retraite. Cela signifie qu’il a le droit de ressentir ce qu’il ressent.

Laissez-le finir de parler, respectez son avis, sortez de l’affrontement « idée conte idée » et expliquez poliment que vous n’êtes pas d’accord mais qu’il y a d’autres personnes qui souhaitent poser des questions.

Dans tous les cas, il y aura toujours un casse-pieds qui viendra vous titiller avec un point d’expertise ou un désaccord de fond afin de vous déstabiliser.

C’est ce que font les judokas, ils tentent de déstabiliser le partenaire.

En dernier ressort, si vous êtes en difficulté, déstabilisez votre casse-pieds en retour : remerciez-le largement. Faites le applaudir par la foule. Si son propos est intéressant pour le débat, faites-le monter sur scène pour échanger d’égal à égal si besoin. Donnez-lui la place qu’il rêve de prendre afin qu’il aille au bout de son propos, ne serait-ce que pour quelques instants.

Une fois de plus, vous en serez d’autant plus respecté et écouté lors de futures prises de parole.

Et n’oubliez pas : une prise de parole, c’est avant-tout une rencontre.

Un être humain vient rencontrer d’autres humains, d’égal à égal.

D’égal à égal.

D’égal. A. Egal.

La conférence

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